Comparatif des systèmes de filtration d’eau

Comparatif des systèmes de filtration d’eau

La « potabilité » en Suisse : une conformité juridique plus qu’une garantie sanitaire


En Suisse, une eau est qualifiée de potable si elle respecte l’Ordonnance sur l’eau potable et l’eau des installations de baignade et de douche accessibles au public (OPBD), qui établit des seuils pour plusieurs paramètres, tels que les bactéries (E. coli, coliformes), les nitrates, le plomb, certains pesticides et les résidus de chlore.

Cependant, un rapport de l’ANSES (2018) sur les micropolluants en France souligne que plus de 100 000 molécules chimiques circulent dans l’environnement, dont des milliers sont suspectées d’être toxiques à long terme, même à très faible dose.

Une réglementation dépassée par la science

Les perturbateurs endocriniens (PE), qui interfèrent avec le système hormonal, se retrouvent dans les plastiques, cosmétiques, pesticides et résidus médicamenteux. Leur danger réside dans leur effet à des doses infimes, notamment pendant la grossesse ou la puberté. Pourtant, en Suisse, la majorité des PE ne sont ni surveillés ni réglementés dans l’eau potable.

Réglementation actuelle en Suisse


L’OPBD ne liste pas explicitement les PE (comme les PFAS, certains pesticides ou résidus médicamenteux) parmi ses paramètres obligatoires. Elle se focalise sur des substances spécifiques avec des limites définies, mais leur diversité chimique et les défis analytiques empêchent une surveillance globale des PE.

Détection des perturbateurs endocriniens

  • Présence confirmée : Des études de l’Eawag ont détecté des traces de PE dans les eaux souterraines et superficielles suisses, qui alimentent 80 % de l’eau potable. Par exemple :
    • Les PFAS, reconnus comme perturbateurs endocriniens, sont présents dans certaines nappes, souvent sous les seuils internationaux (ex. : 100 ng/L).
    • Des résidus médicamenteux (ibuprofène, diclofénac, œstrogènes) et pesticides (atrazine) ont été identifiés dans les régions agricoles.
    • Une enquête de la RTS (2024) a révélé des PFAS dans l’eau potable suisse, à faible concentration.
  • Absence de suivi systématique : Les PE ne sont pas inclus dans les contrôles réguliers des distributeurs d’eau, qui se limitent aux substances de l’OPBD. Ils sont étudiés dans des recherches ponctuelles, mais pas dans les protocoles standards.
Des travaux scientifiques, comme ceux de Vandenberg et al. (Endocrine Reviews, 2012), montrent qu’aucun seuil de sécurité clair n’existe pour de nombreux PE, rendant une eau « potable » potentiellement risquée à long terme.

Médicaments, PFAS, nanoplastiques : des polluants non régulés


En France, une étude du Pr Bruno Tassin (LEESU) a identifié jusqu’à 25 molécules pharmaceutiques (paracétamol, carbamazépine, etc.) dans les eaux de surface, issues des urines, hôpitaux et industries. Ces substances, non éliminées par les stations d’épuration classiques, ne sont pas surveillées dans l’eau potable, sauf lors de campagnes spécifiques. Ce constat s’applique également à la Suisse.

Les PFAS, présents dans les emballages, textiles ou ustensiles, ont été détectés dans l’eau potable de nombreuses communes françaises (Le Monde, 2023) et suisses. Ces « polluants éternels » s’accumulent dans l’organisme, augmentant les risques de cancers, troubles thyroïdiens ou infertilité, mais ne sont pas soumis à une réglementation stricte.Une étude de 2025 (CNRS/Université de Toulouse) a montré que 98 % des microplastiques dans l’eau potable mesurent moins de 20 µm, échappant aux méthodes de détection standards. Cette problématique, pertinente pour la Suisse, souligne l’absence de contrôle des nanoplastiques.

Une eau légalement conforme, mais pas toujours saine

Une eau peut respecter les critères légaux tout en contenant des polluants non réglementés, révélant un écart entre conformité juridique et sécurité toxicologique. Les normes actuelles, établies à une époque de pollutions moins complexes, peinent à répondre aux défis des nouvelles molécules, nanomatériaux et effets synergiques des cocktails chimiques.

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) manque de ressources pour surveiller tous les contaminants, et les infrastructures vieillissantes (tuyauteries, pertes de charge) peuvent aggraver les risques de contamination.

En résumé :

  • La Suisse impose des contrôles, mais de nombreux polluants émergents échappent à la surveillance.
  • Les PFAS, résidus médicamenteux et nanoplastiques ne sont pas inclus dans les normes.
  • Une eau « potable » peut contenir des substances à effet toxique chronique.
  • La législation accuse un retard face aux avancées scientifiques.
Face à ce constat, beaucoup se demandent : faut-il filtrer son eau ? Et si oui, quels systèmes choisir ? La suite de cet article répond à cette question essentielle.

Différents Systèmes de Filtration

De très nombreux systemes de filtration de l’eau existent. Comme il n’est pas possible de tout comparer, nous avons passé en revue toutes les différentes technologies disponibles.

Voici la liste des différents dispositifs de filtration pour couvrir toutes les technologies :

  1. Carafe Brita
  2. Filtre sur robinet type Oko
  3. Système à gravité Berkey ou equivalent Doulton / British Berkefeld/ Weeplow
  4. Fontaine NovaPure
  5. Charbon Bichotan
  6. Purificateur UV-A Ex. La Vie

Les systèmes de filtration comparés

1. Carafe filtrante (ex. : Brita)
  • Principe : Filtration par charbon actif et résine échangeuse d’ions.
  • Avantages : Abordable (20-60 CHF), facile à utiliser, réduit le chlore (-80 %) et certains métaux lourds (plomb : -80 %).
  • Inconvénients : Inefficace contre les PFAS, hormones et résidus médicamenteux. Nécessite un remplacement fréquent des cartouches (3 semaines à 1 mois), augmentant les coûts. Risque de prolifération bactérienne si mal entretenue.
  • Verdict : Suffisant pour améliorer le goût, mais inadapté pour une purification approfondie.
2. Filtre sur robinet (ex. : Oko)
  • Principe : Charbon actif fixé au robinet.
  • Avantages : Installation simple, réduit le chlore (-98 %), les pesticides et certains métaux lourds. Coût modéré (50-100 CHF).
  • Inconvénients : Débit lent, inefficace contre les nitrates, PFAS et polluants nanométriques. Cartouches à remplacer tous les 3-6 moisselon fabricant, en réalité les filtres nécessitent d'être changer bien plus régulièrement
  • Verdict : Pratique pour le goût, mais limité pour une purification complète et couteux en filtres sur le long terme.
3. Filtre à gravité (ex. : Berkey, Weeplow Earth)
  • Principe : Filtration par gravité avec cartouches en charbon compacté.
  • Avantages : Réduit les métaux lourds (plomb : -90 %, arsenic : -75 %), pesticides et certaines bactéries. Autonome, sans électricité. Coût modéré à élevé (400-1100 CHF selon la taille des cuves).
  • Inconvénients : Conçus principalement pour rendre potable de l’eau hors réseaux (ex. : eau de rivière ou de puits), ces filtres sont inefficaces contre les polluants modernes à l’échelle nanométrique comme les PFAS, résidus médicamenteux ou nanoplastiques. Ils ne filtrent pas non plus les nitrates. Un entretien régulier est requis (cartouches à changer tous les 6-12 mois), avec un risque de contamination si mal nettoyé. Aucune certification NSF.
  • Verdict : Adapté pour des situations d’urgence ou des contextes hors réseaux, mais inadéquat pour purifier une eau déjà potable face aux polluants complexes.
4. Fontaine PureFlow 5s-UV (novapure.ch)
  • Principe : Combine préfiltration sédiment, charbon actif, osmose inverse, post-filtration au charbon et stérilisation UV-C.
  • Avantages : Élimine jusqu’à 99,9 % des polluants, y compris les métaux lourds, PFAS, hormones, pesticides, bactéries et nanoparticules, grâce à une membrane d’osmose inverse (0,0001 μm). Conforme aux normes NSF/ANSI 42, 53 et 401. Améliore le goût et l’odeur, avec un gaspillage d’eau minimal. Installation facile, idéale pour les foyers suisses. Réduit la dépendance aux bouteilles plastiques, limitant l’impact environnemental.
  • Inconvénients : Coût initial modéré à élevé (795 CHF). Élimine les minéraux, mais l’alimentation suisse (fromage, légumes, noix) compense largement.
  • Verdict : La solution la plus performante pour une eau ultra-pure, idéale pour les nourrissons, personnes fragiles et animaux, comparable aux standards de l’industrie pharmaceutique.
5. Binchotan (charbon actif japonais)
  • Principe : Charbon de bois adsorbant les impuretés.
  • Avantages : Écologique, sans plastique, réduit le chlore (-50 %) et améliore légèrement le goût. Durée de vie de 6 mois par bâton.
  • Inconvénients : Inefficace contre les métaux lourds, PFAS, nitrates, bactéries ou polluants nanométriques. Effet limité, proche du placebo.
  • Verdict : Esthétique, mais inadapté pour une filtration sérieuse.
6. Purificateur UV-A (ex. : LaVie)
  • Principe : Rayonnement UV-A pour décomposer le chlore et certains contaminants.
  • Avantages : Élimine le chlore (-98 %), les bactéries et certains pesticides. Sans consommables, économique à long terme. Installation simple (branchement sur prise).
  • Inconvénients : Peu efficace contre les métaux lourds, PFAS et polluants nanométriques. Consomme de l’électricité.
  • Verdict : Bonne option pour le goût et les bactéries, mais moins complète que l’osmose inverse.
Comparaison des performances
Système
Chlore
Métaux lourds
PFAS
Pesticides
Bactéries
Nitrates
Nano-polluants
Coût initial
Carafe Brita
80 %
80 % (plomb)
0 %
50 %
0 %
0 %
0 %
20-60 CHF
Filtre Oko
98 %
70 %
0 %
60 %
0 %
0 %
0 %
50-100 CHF
Berkey (gravité)
95 %
90 % (plomb)
0 %
85 %
90 %
0 %
0 %
400-1100 CHF
Fontaine Novapure
99 %
99 %
99 %
99 %
99,99 %
95-98 %
99 %
795 CHF
Binchotan
50 %
0 %
0 %
0 %
0 %
0 %
0 %
10-20 CHF
Purificateur UV-A
98 %
0 %
50 %
70 %
99 %
0 %
0 %
100-300 CHF
La question des minérauxLa fontaine Novapure, utilisant l’osmose inverse, élimine une grande partie des minéraux (calcium, magnésium), ce qui peut susciter des inquiétudes. Cependant, l’alimentation suisse, riche en produits laitiers, légumes et noix, compense très largement ces apports. L’eau peu minéralisée (15-25 ppm) hydrate efficacement et est recommandée pour les nourrissons et personnes fragiles, comme les eaux faiblement minéralisées (Mont Roucous).Recommandations
  • Budget limité : Une carafe Brita ou un filtre Oko pour améliorer le goût.
  • Eau hors réseaux/ Bivouac : Un filtre à gravité comme Berkey, conçu pour rendre potable une eau brute, mais insuffisant pour les polluants nanométriques modernes.
  • Pureté maximale : La fontaine Novapure, avec son osmose inversée et sa stérilisation UV-C, élimine 99,9 % des polluants, y compris les nanoparticules, idéale pour les foyers suisses, les nourrissons et les animaux.
  • À éviter : Le Binchotan, inefficace face aux polluants complexes.
ConclusionBien que l’eau du robinet Suisse soit potable, elle peut contenir des polluants non régulés comme les PFAS ou les nanoparticules. Les filtres à gravité, comme Berkey, sont conçus pour rendre potable de l’eau hors réseaux, mais échouent à éliminer les polluants modernes à l’échelle nanométrique. La fontaine Novapure se distingue par sa capacité à purifier l’eau de manière quasi totale, offrant une solution fiable, savoureuse et écologique. En réduisant l’usage des bouteilles plastiques, elle répond aux besoins des Suisses soucieux de leur santé.


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